lundi 6 février 2012

Louis Léopold BOILLY – une rétrospective incontournable !

L. L. Boilly, Jean qui rit,
Boston, Museum of Fine Arts
Le Palais des Beaux-arts de Lille commémore le 250e anniversaire de la naissance du peintre et dessinateur Louis Léopold Boilly (né le 5 juillet 1761 à La Bassée, village situé à une vingtaine de kilomètres de Lille – mort en 1845 à l’âge respectable de 83 ans) par une magnifique exposition rétrospective.

Environ 200 œuvres (peintures, dessins et gravures) sont présentées dans un ordre chronologique et également par thématique.

En préambule, l’exposition propose une série de « petits portraits », exécutés avec rapidité et captant avec brio les traits et la psychologie du modèle. Exécutés en grand nombre, les spécialistes en dénombreraient plus de 5.000, ces tableaux de petits formats, accrochés de manière rapprochés, ont établi la réputation de l’artiste.

L. L. Boilly, Portrait d'Edouard Boilly
Paris, Musée du Louvre,
Département des Arts Graphiques, RF 30666
(@site Joconde)

C’est ensuite la figure du peintre, son environnement familiale et son cercle d’amis qui sont abordés. L’autoportrait de l’artiste en Jean qui rit, exécuté au crayon noir et rehauts de blanc, conservé au Museum of Fine Arts de Boston est exceptionnel. En le regardant, le spectateur aura probablement envie de « répondre au dessin » par un sourire. Sur un papier brun de beau format, les Portraits des huit membres de la famille Chenard sont de grandes qualités et le traitement de chacun est des plus intéressants à détailler. Dans une vitrine, le Portrait d’Edouard Boilly, miniature en grisaille sur porcelaine, dégage une immense douceur enfantine.

L. L. Boilly, L’Indiscret,
Musée Cognacq-Jay

Entre 1785 et 1791, les scènes de genre de Boilly rencontrent un immense succès. Pour la plupart en intérieur, elles représentent souvent une scène galante parfois grivoise où les sculptures à l’arrière-plan jouent un rôle important et où l’influence de l’Age d’or hollandais est évidente. On mentionnera en autre L’Indiscret, conservé au Musée Cognacq-Jay. 


 


L. L. Boilly,
L'Atelier d'une jeune artiste
Moscou, Musée Pouchkine

Après la salle sur la «Tourmente révolutionnaire», celle sur les «débuts de la célébrité» de Boilly entre 1795 et 1804 propose notamment le thème récurrent de l’atelier d’artiste. Deux tableaux se distinguent notamment pour leur grande minutie mélangée à une douceur exceptionnelle : L’atelier d’une jeune artiste conservé au Musée Pouchkine de Moscou et La Peintre dans son atelier du musée de Schwerin, où dans un contexte familiale une jeune femme peintre, assise, portraiture un jeune garçon qui semble distrait.

De nombreuses toiles représentent le sculpteur Jean-Antoine Houdon dans son atelier modelant le buste de divers modèles. Boilly, peintre illusionniste, aime figurer en deux dimensions la ronde-bosse.
Quant à la célèbre toile sur une Réunion d’artistes dans l’atelier d’Isabey conservée au Musée du Louvre, elle est entourée des dessins préparatoires et esquisses de chacun des personnages ! 
L. L. Boilly, L’entrée au jardin Turc,
Los Angeles,
J. Paul Getty Museum,
Image courtesy of Christie´s Images Ltd 2010.

Les peintures exposées dans la salle intitulée « L’Empire et la Gloire, 1804-1814 » sont celles que l’artiste exposa aux Salons de 1804, 1808 et 1812, où il remporta un franc succès. L’artiste commence à décrire des scènes quotidiennes de la rue avec une maitrise de la foule et une technique porcelainée. On aimera les Scènes de boulevard et L’entrée au jardin Turc inspirées des scènes foraines de Teniers et de la modernité naissante en ce début du XIXe siècle.    

Dans le tableau L’arrivée d’une diligence dans la Cour des Messageries, conservé au Musée du Louvre, on remarquera un détail cocasse, celui de la nourrice mouchant une petite fille avec la robe de la jeune femme embrassant son mari. 

Durant les années de la Restauration, la fascination de Boilly pour la foule évolue. Désormais, c’est l’expression des passions et des caractères, reflets de la nature humaine, qui l’intéresse. Dans L’Entrée du théâtre de l’Ambigu-Comique à une représentation gratis, les visages expriment l’effroi de la bousculade et de la compression, chacun tenant absolument à pénétrer dans le théâtre. Ce thème des bousculades et bagarres populaires est repris dans Les Femmes se battent, conservé au Musée de Boulogne-sur-Mer.

L. L. Boilly
Christ en ivoire crucifié à une croix en bois

coll. particulière
@art value.com
 La dernière partie de l’exposition porte sur « l’art de l’illusion, du trompe-l’œil et de la caricature » techniques parfaitement maîtrisées par Boilly. Epoustouflant est le trompe-l’œil du Christ en ivoire crucifié à une croix en bois. Le petit papier blanc sur lequel l’artiste appose sa signature et son adresse qui semble partiellement collé est inspiré des Maîtres vénitiens du XVIe siècle. 
 Le Trompe-l’œil dit de la collection de dessins avec Boilly et Elleviou semble réellement avoir une vitre cassée. Le spectateur a envie de tendre la main pour s’en assurer … d’ailleurs, l’autoportrait de l’artiste en bas à gauche qui le regarde d’un air moqueur, heureux de sa plaisanterie qui fonctionne est visiblement un pied de nez de Boilly !

L’artiste imite aussi bien les bas-reliefs en terre cuite comme la Bacchanale d’enfants avec une chèvre, copie d’une œuvre de François Duquesnoy, que le bois et la paille comme l’arrière-plan du bas-relief du Triomphe d’Amphitrite, ou que l’estampe. En effet, Boilly a peint de nombreux tableaux en grisaille « à l’imitation de l’estampe ». Il simule également les inscriptions en bas de celle-ci tel « Boilly pinx. », ou un titre « ah ! ça ira ».  

Voici donc une belle exposition dont le catalogue est riche en information et illustration des œuvres !

Clara Dudézert


Palais des Beaux-Arts 
Place de la République 
59000 Lille
Tel. 00 33(0)3 20 06 78 00
Fermé le mardi. Ouvert le lundi de 14h00 à 18h00, le mercredi, le jeudi, le vendredi, le samedi et le dimanche de 10H00 à 18H00.


dimanche 5 février 2012

Jean-Paul GOUDE ou GOOD faiseur d’image !

Le Musée des Arts Décoratifs propose la première exposition rétrospective de Jean-Paul Goude, brillant créateur et « faiseur d’image » !


A priori, le nom ne vous dit rien. Pourtant vous l’avez croisé plus d’une fois … Quotidiennement même ! 


Dans le métro, Goude est l’auteur de nombreuses publicités pour les Galeries Lafayette. 



Publicité Kodak
Kodakette, Rome, 1984
  
A la télévision, 

pour la marque Kodak, 
(cliquez sur le nom pour voir le clip)

pour l'eau de Perrier,  
(cliquez pour voir le clip !)

le parfum pour homme Egoïste de Chanel, 
(cliquez !)

le délicieux chocolat suisse Lindt, avec les pas coulés de la danseuse russe (qui se promène de temps à autre dans les salles de l'exposition) et son célèbre slogan ...


le célèbre parfum Coco de Chanel, avec Vanessa Paradis en oiseau en cage

et dernièrement, l'indémodable Chanel n°5 avec Audrey Tautou .... 
(cliquez une dernière fois pour voir le clip!)

Voici donc une quarantaine d'années de création, avec des univers toujours différents, des idées renouvelées, un style unique et une pointe d'humour lorsque ce n'est pas un frisson ! 
Par ces temps si froids, une GOOD idée d’expo qui vous réchauffera !  

Clara Dudézert
Chanel n°5


Grace Jones, années 60.
ektachrome découpé scotché
L'Homme, Paris, 2004
(L. Casta)

"GOUDEMALION. Jean-Paul Goude, une rétrospective"  jusqu'au 18 mars 2012
Les Arts Décoratifs - Nef
107 rue de Rivoli, Paris

Tél. : 01 44 55 57 50
Métro : Palais-Royal, Pyramides ou Tuileries 

samedi 4 février 2012

La collection Mariette : Florilège de dessins français

Jean-Baptiste OUDRY
Grande Aigrette
Département des Arts graphiques,
Musée du Louvre,
INV 31486,
Recto © 2009 Musée du Louvre / Suzanne Nagy
Pierre Jean Mariette (1694-1774), fut sans aucun doute le plus grand collectionneur du XVIIIe siècle. Sa collection, composée de centaines de peintures, gravures et sculptures comportait quelque 10.000 dessins de petits artistes et grands maîtres. Mariette souhaitait que sa collection, œuvre d’une vie, rejoigne les collections royales. Malheureusement, ses héritiers en décidèrent autrement. Le prix d’acquisition proposé par l’administration n’était, selon ces derniers, pas assez élevé. Plusieurs ventes aux enchères, étalées sur deux mois et demi furent donc nécessaires pour procéder à leur dispersion. Environ 1.000 dessins seulement furent ainsi acquis par les représentants du Cabinet royal.



A l’occasion de la publication des deux premiers volumes tendant à la reconstitution de l’ensemble des dessins provenant de la collection Mariette, entreprise titanesque (!), l’exposition sur « les dessins français de la collection Mariette » au Musée du Louvre présente une centaine de feuilles.

On admirera la Grande Aigrette (cf. photo) et le Vautour fauve de Jean-Baptiste Oudry, acheté par Lempereur pour le Cabinet du roi. Le Portrait de Madame Carle Van Loo, par Carle Van Loo d'une taille supérieure au format standard. De Charles Joseph Natoire, la Tête de Vieillard exécutée à la pierre noire, sanguine, rehauts de blanc et pastel, et le dessin double-face Feuille de caricatures masculines et féminines, à l'encre, aujourd'hui réattribué à Antoine Penent. 

Cette exposition également didactique, met en avant deux curiosités : la particularité du « montage Mariette » et de la « marque Mariette » souvent méconnus du grand public.

Clara Dudézert

"Dessins français de la collection Mariette" 
Musée du Louvre - Aile Sully, 2ème étage, salles 20-23
Accès avec le billet d’entrée du musée : 10 €
Ouvert tous les jours de 9 h à 17h45 sauf mardi, nocturnes mercredi et vendredi jusqu’à 21h45.

vendredi 3 février 2012

Une seconde Joconde à Madrid ?!

A gauche, La Joconde de Léonard de Vinci, conservée au Musée du Louvre
A droite, La Joconde, oeuvre d'atelier de Léonard (?) conservée au Musée du Prado
Le Musée du Prado à Madrid vient d'annoncer la découverte d'une deuxième version de la célèbre Joconde conservée au Musée du Louvre. En restaurant le fond assombri du portrait, c'est un paysage toscan, très proche de ceux de Léonard qui est apparu ! Selon les spécialistes, il ne s'agirait pas d'une œuvre du  Maître, mais de son atelier ... voici donc une découverte intéressante !

pour en savoir plus : cliquer ici 

Clara

dimanche 22 janvier 2012

Internet et la Chine révolutionnent le marché de l'art (aussi)

Voici un article intéressant de Christine Kerdellant, Directrice adjointe de la rédaction de L'Express, à lire en page 69 du magasine, ou sur le site du journal :  cliquer ici

Clara